L’Info-droit

L’expulsion d’un locataire

Un locateur peut procĂ©der Ă  l’expulsion d’un locataire contre qui une dĂ©cision du Tribunal administratif du logement a Ă©tĂ© rendue ou Ă  son Ă©viction si le Tribunal l’y a autorisĂ©. Il faut noter, toutefois, qu’un locateur ne peut procĂ©der Ă  l’expulsion ou Ă  l’Ă©viction d’un locataire sans un ordre de cour ou une dĂ©cision du Tribunal administratif.

DĂ©lai d’exĂ©cution

Tout d’abord, lorsqu’il s’agit d’une expulsion, le juge administratif dĂ©terminera un dĂ©lai d’exĂ©cution en fonction des circonstances ou pourra ordonner une exĂ©cution provisoire de la dĂ©cision. NĂ©anmoins, la dĂ©cision du juge administratif ne peut ĂȘtre appliquĂ©e Ă  n’importe quel moment ; le locateur doit exĂ©cuter cette dĂ©cision dans un dĂ©lai de 10 ans, faute de quoi son droit sera Ă©teint.

Expulsion d’un locataire

Ensuite, il est probable que le locataire refuse de quitter les lieux, malgrĂ© la dĂ©cision du juge administratif. Dans ce cas, le locateur peut solliciter les services d’un huissier afin de procĂ©der Ă  l’expulsion du locataire et de ses biens. Par un avis d’exĂ©cution, l’huissier devra alors signifier aux occupants, au moins 5 jours avant l‘exĂ©cution, qu’ils doivent quitter les lieux et retirer leurs biens. À dĂ©faut de se conformer Ă  ce dĂ©lai, l’huissier est autorisĂ© Ă  employer la force afin de les expulser. En outre, il peut vendre ou donner les biens qui seront rĂ©putĂ©s comme ayant Ă©tĂ© abandonnĂ©s par les anciens locataires. À noter toutefois que l’expulsion ne peut avoir lieu lors d’une journĂ©e fĂ©riĂ©e ou dans la pĂ©riode du 24 dĂ©cembre au 2 janvier.

Recours du locataire

Si à la lecture de la décision du Tribunal le locataire souhaite la contester, il a plusieurs moyens à sa disposition :

  • La rectification : Ce recours est utilisĂ© lorsque le locataire se rend compte d’une erreur dans le jugement (ex. erreur de calcul, une omission du Tribunal ou encore une dĂ©cision sur un Ă©lĂ©ment qui n’était pas inclus dans la demande). Dans ce cas, le locataire peut procĂ©der Ă  la demande de rectification, si la dĂ©cision n’est pas en rĂ©vision, en appel ou si son exĂ©cution n’a pas dĂ©butĂ©.
  • La rĂ©tractation : Ce recours est utilisĂ© lorsqu’une situation a fait en sorte de causer une dĂ©cision diffĂ©rente. C’est bien souvent le cas d’un empĂȘchement, dont le fait de ne pas avoir pu assister Ă  l’audience, le fait d’avoir Ă©tĂ© empĂȘchĂ© de fournir une preuve. Ce moyen peut aussi ĂȘtre utilisĂ© lorsque le tribunal s’est prononcĂ© au-delĂ  ou en-deçà de la demande. Bref, ce recours doit ĂȘtre utilisĂ© dans un dĂ©lai de 10 jours, dĂšs que l’empĂȘchement cesse.
  • L’appel : la procĂ©dure d’appel d’une dĂ©cision du TAL est trĂšs complexe. Il faut s’adresser Ă  la Cour supĂ©rieure pour demander une autorisation d’appeler et c’est trĂšs difficile d’obtenir une telle autorisation. L’appel doit porter sur un Ă©lĂ©ment qui peut donner lieu Ă  une jurisprudence. Il y a des frais pour cette procĂ©dure et celle-ci nĂ©cessite la prĂ©sence d’un avocat.